Trash talk : photography edition

Hello Philippine j’espère que tu vas bien !
Merci d’être à mes côtés aujourd’hui. Bonjour Sophie ! C’est un plaisir d’être avec toi aujourd’hui ! Ça va très bien merci et toi ?


Ça va bien merci, et sans perdre de temps, rentrons directement dans le vif du sujet ! On t’entend faire des remarques sur les photographes, sur le monde de la photographie un peu à droite à gauche, que reproches-tu à ce milieu ?
Eh bien, pour faire partie de ce milieu je vois certaines choses qui ne vont pas et que j’aimerais qui changent. Ayant voulu faire l’expérience d’être modèle pour connaître les deux côtés de la caméra je me suis rendu compte de pas mal de choses qui m’ont déplu et que j’essaye de ne pas reproduire en tant que photographe.
Je vais te donner une réponse la plus simple possible. Premièrement : le temps de remise des photos qui paraît anodin, mais non, tu peux facilement te retrouver à attendre trois mois pour avoir des photos qui ne sont même pas retouchées. Et encore trois mois ce n’est pas si long que ça il y a bien pire.


On commence par mon sujet préféré, j’adore. En tant que modèle et directrice artistique, il y a rien qui m’énerve plus que ça.
Tu sais, une fois j’ai entendu un monsieur me dire qu’il a reçu les photos de son mariage le lendemain du divorce avec son ex-femme soit 2 ans après.
Sinon on peut rencontrer des photographes vicieux qui t’incitent à faire de la lingerie, voir du nu car “il faut expérimenter et découvrir de nouveaux horizons”, des photographes qui ne guident pas les modèles du tout et qui critiquent les poses des modèles. On ne se voit pas quand on pose, c’est au photographe d’avoir l’œil et de dire ce qui n’est pas beau ou ce qui pourrait être amélioré. Les deux côtés doivent y mettre du sien pour avoir les meilleures photos lors de la session. Les critiques des photographes envers le physique : que ce soit sur le fait que tu sois mince ou grosse, que tes cheveux « l’agace » à cause du vent et que les cheveux lisses auraient été beaucoup mieux, que le maquillage n’est pas suffisant et que les retouches photoshop seront beaucoup trop longues à son goût. Le fait qu’on te retouche des choses que tu aimes chez toi mais que lui n’aime pas. Par exemple, on m’a retiré toutes mes taches de rousseur alors que je n’avais rien demandé. (Whaaat????, ndlr). Chaque photographe a donc sa vision des choses et ce que je reproche se sont ceux qui décident de prendre des décisions dans leur coin sans penser aux conséquences et au mal-être que ça pourrait causer, comme la création de complexes par exemple.


Eh bien ça, c’est dit ! Pour ceux qui ne te connaissent pas, peux-tu te présenter s’il-te-plait.
Enchanté pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Philippine Carrière Le Cheviller, j’ai 23 ans et j’habite en banlieue parisienne. J’ai commencé à prendre des photos par-ci, par-là depuis 2015 quand mon père et ma mère m’ont offert mon premier appareil photo et quand je suis arrivée en France cela c’est plus développé et j’ai alors envisagé d’en faire mon métier. J’ai donc ouvert ma société en janvier 2023.


La photographie, c’était une évidence ?
Alors en premier lieu non. J’étais en sport-études équitation au CREPS Antilles-Guyane, je voulais faire de l’équitation mon métier. Mais la vie m’a vite rattrapé et surtout la raison.
J’avais beau être galop 7, je n’avais pas le niveau ni les moyens de continuer à progresser dans le haut niveau. Mais pendant toute cette période d’apprentissage je voulais avoir des souvenirs avec mon cheval et de notre évolution ensemble. Alors comme dit précédemment, mes parents m’ont offert un appareil photo pour mes 15 ans et j’ai commencé à prendre des photos de mon cheval ainsi que de mes amis, je me suis retrouvé à photographier des événements pour mon école et aussi à faire des photos pendant les différentes compétitions d’équitation quand j’avais le temps. Une fois la terminale passée j’ai arrêté l’équitation et je suis allée vivre à Paris. J’ai pris mon appareil avec moi et je vous avoue que la fac m’ennuyait beaucoup. En même temps les sciences de l’éducation et sociales ce n’est pas le sujet le plus intéressant surtout que ce n’est pas les études que je voulais à la base. Donc, je voulais faire quelque chose à côté qui me fasse plaisir. Sachant que je ne pouvais pas reprendre l’équitation, je me suis retournée vers mon appareil. À l’époque j’étais célibataire et je n’avais pas non plus d’amis.
Devinez qui s’est tourné vers Tinder pour prendre des gens en photos. Oui, oui Tinder. J’ai rencontré 18 personnes (hommes et filles) comme ça tous très gentils qui m’ont permis de commencer le portrait. Cela a pris beaucoup de temps (1 an et demi) pour faire toutes ces rencontres ce qui n’est donc pas énorme. Mais en parlant avec eux j’ai appris qu’il existait des groupes de collaboration sur les réseaux. Une fois que j’ai commencé à faire des annonces je me suis beaucoup plus développée et c’est devenue comme une partie de moi-même.


Mais quelle fin magnifique ! As-tu l’ambition d’en faire une grande carrière ou pour toi c’est “juste” un métier ?
Je t’avoue que c’est un métier où il est difficile de se faire une place. Les plus grands sont déjà là et progressent tous les jours. Donc je n’ai pas d’ambitions particulières et je profite des opportunités que la vie m’offre. (YOLO donc ! ndlr). Pour moi ce n’est pas juste un métier, mais il me reste beaucoup à apprendre. Et c’est particulièrement ce que j’aime dans ce travail, tous les jours tu apprends de nouvelles méthodes, tu retouches d’une manière différente et tu regardes différemment tes précédents shootings. Donc si un jour j’ai des opportunités car mon travail sera reconnu je sauterais sur l’occasion. Actuellement ce n’est pas le cas mais comme j’aime le dire : « chaque chose en son temps ».


Let’s talk about le sujet tabou des français : l’argent. Comment gères-tu tes tarifs ?
Haha, alors là je vais me faire incendier par les autres photographes. Mais mes prix sont mes prix et je m’y retrouve comme ça. J’ai des tarifs horaires, ce qui veut dire que cela dépend du temps passé sur le shooting. Je ne compte pas le nombre de photos retouchées car je retouche principalement avec la lumière naturelle. Donc je suis à 50 € de l’heure. Pour les mariages je commence à partir de 750€ et le prix augmente en fonction de divers paramètres (le temps sur place, la distance et s’ils veulent des filtres de lumières). En ce moment je m’essaye à la retouche plus avancée avec la création de filtre sur Photoshop, pareil je demande un petit prix car je suis en train de m’entraîner donc je fais 20 photos pour 20€. De plus, j’ai appris à filmer il y a peu par mes soins, ce qui fait que j’ai encore beaucoup à apprendre. Mon but n’est pas de devenir vidéaste, ça ne m’intéresse pas, mais j’aimerais bien savoir faire des réels attractifs pour attirer les gens vers mon profil. Je n’ai pas encore défini de prix pour la prise de vidéos en réel mais je pense l’intégrer d’ici peu.


Le plus gros problème du monde des photographes ?
Les gens… autant c’est un métier très social, ou il faut parler avec tout le monde, se mettre d’accord sur les différentes idées et projets. Mais certaines personnes sont exécrables. Je le dis en tant que photographe mais toutes les personnes étant dans ce milieu seront d’accord avec moi. Cela peut être les clients comme un membre de l’équipe. Le problème sera et restera humain. Il y a des exigences auxquelles nous devons répondre, cela je n’ai rien à dire dessus. Mais que des personnes te disent comment faire ton travail, critique alors qu’ils ne savent même pas utiliser leur caméra en mode manuel, dise que tu es fatigué et que c’est pour ça que tu fais de la merde. C’est ce qu’on vit. Je travaille principalement pour des marques et certaines demandent beaucoup. Comme les photos le lendemain. Sauf que tu n’as pas qu’un client dans la journée et rien ne fais que tu dois en prioriser un parc rapport a l’autre. M’enfin entre les critiques qui se font entre les photographes alors que chacun a sa « pâte » et les gens qui demandent toujours plus, il faut garder la tête sur les épaules et savoir dire non quand ce n’est pas possible.

Qu’est-ce que tu préfères dans ce que tu fais ?
Moi qui faisais de l’anxiété sociale, je me retrouve à adorer rencontrer de nouvelles personnes et découvrir leur histoire. Car oui ! On rencontre des gens géniaux dans ce milieu, les mauvais côtés ce n’est pas tous les jours mais ça reste quelque chose qu’il ne faut pas oublier. J’adore également capturer les émotions. Donc tout ce qui est mode ou artistique, événement comme les mariages ou autres j’aime beaucoup, c’est là qu’on voit les gens sans filtre.


On sait que tu as déjà travaillé avec des personnalités célèbres tel que Nabilla par exemple, peux-tu nous dire en quoi cela change des personnes comme toi et moi ?
Ça ne change rien, j’étais modèle ce jour-là donc j’ai pu prendre mon temps de voir tout ce qui se passait étant donné que nous étions trois modèles. En premier lieu, personne n’a été payé. Je répète personne. Tu fais le shooting juste histoire de te dire que tu as travaillé pour Nabilla. Moi je l’ai fait en premier lieu pour l’expérience et aussi car je voulais voir ce que c’était qu’un vrai shooting de grosse marque. Eh bah franchement rien de ouf. C’est juste qu’elle a pu avoir un lieu somptueux, des robes de qualité, une maquilleuse et une coiffeuse qui sont vraiment douées. Tout ça gratuitement. Donc le shooting se passe normalement, tu poses jusqu’à ce que le photographe te dise qu’il a matière à travailler et tu te changes. J’ai eu trois robes ce jour-là, mais je n’ai eu les photos que de deux d’entre elles. C’est le photographe qui choisit les photos, j’en ai eu 3 de moi et 2 de groupes, 4 mois après le shooting. Je ne parle même pas de la vidéo qu’on n’a jamais eue. Tout ça pour ne pas être posté. Donc en soi ça reste une bonne expérience de posing mais pour le reste, tu gagnes juste un rouge à lèvres et une palette de sa nouvelle collection. Et en plus elle n’est pas venue ce jour-là, on ne l’a pas rencontrée. C’était uniquement sa community manager.


Que penses-tu des artistes qui veulent uniquement faire des collaborations et payer en “visibilité” ? Car évidemment, ça paye le loyer.
Franchement, ça saoule. Je ne dis pas non pour faire des collaborations, j’en propose même en story à la une. Mais là, n’est pas la question de la collaboration. Si toi tu viens vers moi pour me dire que tu veux que je te fasse des photos gratuitement, franchement, j’espère que ton projet est en béton. (Surtout l’argent que les artistes se font avec leurs concerts, tournées, streams etc). Le nombre de fois où on m’a dit : “non mais je veux juste deux trois photos devant la tour Eiffel.” Moi ça ne me sert pas pour mes contenus. Je peux faire des photos de tout le monde devant la tour Eiffel, pourquoi toi, ça changerait quelque chose ?
Comme dit précédemment, j’ai travaillé en tant que modèle pour Nabilla. Elle est très suivie, j’ai mentionné son nom en story plusieurs fois et j’ai été reposté par elle. Au total, j’ai gagné un abonné. Le problème c’est que nous les photographes, même si on nous mentionne les gens ne vont pas nous suivre, ce qui les intéresse c’est le produit. Il nous est très difficile de se faire un nom et encore plus d’être suivie. Ce qui marche pour nous, ce sont les recommandations. Les gens qui parlent de nous et qui donnent notre contact pour les personnes qui en ont besoin. Les influenceurs ne nous repostent pas tous. Certains peuvent te donner des clients et d’autres rien du tout. Donc c’est au bonheur la chance.


Penses-tu qu’il y a un certain niveau à avoir avant de se proposer en tant que photographe de mariage ?
Déjà, si on te contacte pour faire un mariage, c’est que les mariées aiment ton travail. Après, il y a moyen qu’il se dise que la personne la moins chère leur fera de bonnes photos sans trop qu’il s’y préoccupe pour autant. Donc une personne sans trop d’expérience est parfaite dans ce genre de situation. Mon premier mariage c’était les parents de mon ex donc moi, j’avais juste à les suivre et tout se passait très bien. Il se moquait d’avoir une qualité incroyable ou des poses qu’on ne trouve que sur Instagram. Ce n’était donc pas des personnes qui étaient exigeantes mais juste des personnes qui voulaient des souvenirs.
Pour un amateur c’est bien car il prendra en expérience. Mais si tu fais un vrai mariage avec de l’exigence de la part des mariées, tu ne peux pas y aller juste comme ça. Il te faut au moins des photos à présenter, et savoir comment ça se déroule pour ne pas louper les moments importants. Je connais des personnes qui sont qualifiées pour faire des mariages car ils font du très bon travail mais souffrent d’anxiété sociale ou du syndrome de l’imposteur. Donc ils refusent ce genre de prestation, jusqu’à refuser de simple shooting portrait car cela nécessite également une préparation mentale pour eux. Personnellement, la seule chose qui me stresse dans les mariages c’est que mes photos ne leur conviennent pas. Car ce n’est pas quelque chose qui peut se refaire. C’est le jour J. Ce n’est pas à prendre à la légère. Assuré que tout son matériel est prêt et suivre l’évènement. Ce que je trouve encore plus important c’est de réussir à prendre les mariées pour les photos de couple car beaucoup se laissent aller avec les photos de famille et s’oublient et n’ont pas de souvenir juste avec leur moitié. Mais si tu ne pratiques pas, tu ne sauras jamais. Le mieux pour les jeunes photographes qui souhaitent se lancer dans le mariage c’est de trouver un autre qui a plus d’expérience dans le milieu pour faire une formation terrain avec lui.


Avec les réseaux sociaux, penses-tu que certains se disent photographe alors qu’il ne le sont pas ?
Tout le monde ment sur les réseaux, certains sont juste des voyeurs. Il faut se méfier de tout le monde. Peu importe le discours tu ne sais jamais qui est de l’autre côté du clavier et tu connais encore moins ses intentions. Certains vont venir avec leur téléphone, certains ne vont pas venir tout court, d’autres vont te draguer et d’autres seront très bien. Il faut de tout pour faire un mode, après il y en a dont on pourrait se passer (lol).


Le nombre d’abonnés à donc un impact conséquent ?
Non, tu peux avoir 10 abonnées et être quelqu’un d’honnête. On part de rien et il faut du temps avant de se créer une communauté. Il faut donner sa chance à tous. Il y a des gens qui sont très connus et qui font n’importe quoi sous prétexte que ce n’est pas un client qui va les faire couler. J’aurais plus tendance à faire attention à ceux qui en ont plus. De nos jours sur les réseaux on peut s’acheter des followers très facilement. Malheureusement on ne sait jamais sur qui on tombe.


Est-ce vrai que c’est un métier bouché où tout le monde se marche dessus ?
À Paris, nous sommes énormément de photographe. Mais si j’ai ouvert ma société en janvier c’est que j’ai réussi à me faire une place. Nous sommes dans un monde où l’image règne. Tout ce qui nous entoure est de l’image donc la demande est énorme. Ce n’est pas pour autant facile de se faire un nom. Mais avec de la persévérance il est possible de se faire sa place.


Quelle a été ta pire expérience ?
C’était dans mes débuts, je faisais une collaboration pour une dame qui avait une entreprise d’enterrement de vie de jeune fille. Elle disait que si notre shooting se passait bien et qu’elle aimait les photos elle m’appellerait pour faire les photos de chaque évent qu’elle aurait. Je suis donc allée chez elle la veille pour parler de toute l’organisation du shooting. On avait prévu le début du shooting à 11h30. J’habitais dans Paris même à ce moment-là et je mettais 20 minutes pour arriver sur le lieu du shooting. Mon réveil sonne à 10h30 et dans la foulée je reçois un appel de sa part : « T’es où ?! Les filles sont prêtes » je me suis donc juste habillée et je suis partie en courant. Je suis arrivée sur place, personne n’était prêt. Je m’assois donc en attendant qu’une des cinq filles soit prête. La dame vient alors me voir pour me dire que mon retard est inacceptable (j’étais là avant 11h30, l’heure qu’on avait convenu de base mais bon… ) et que je devrais faire des photos des backstages du makeup, ce qui n’était pas prévu. Je m’exécute après avoir pris un verre de jus et une madeleine qu’elle avait ramené pour justement qu’on puisse manger mais « Arrête, t’es pas là que pour manger ! » (lol). Je fais les photos, la séance photo se déroule sous tension car les maquilleuses mettaient plus de 15 minutes à faire un maquillage et coiffure mariée (c’est impossible à faire en 15min, encore moins dehors). Le shooting photo devait durer 2h, ça nous a pris 5h vu que ça prenait du temps pour le maquillage. À la fin, elle fait signer un papier de droit à l’image à tout le monde sauf à moi. Je devais lui rendre uniquement 25 photos mais c’était des photos qui devaient correspondre à ses critères, mais il était hors de question qu’elle fasse la sélection. Moi par peur de faire de mauvais choix, je me suis dit que je pouvais rendre plus de photos donc en retoucher plus. Je me suis fait insulter de «connasse » et de « petite garce de 21 ans qui n’en fait qu’à sa tête » car elle ne voulait même pas faire de sélection dans les photos retouchées et qu’il était inadmissible que je lui remette plus de photos que demandé. C’est aller encore plus loin quand elle m’a menacé de ne pas m’identifier quand elle poste les photos. Sauf que je ne lui avais pas encore rendu les photos… Enfin bref une folle à mes yeux. Et j’espère ne plus jamais retomber sur une personne comme elle à l’avenir. C’est la seule personne avec qui j’ai travaillé qui a dit que mes photos étaient nulles et étaient moches. Par chance, (ou juste par goûts..) les modèles les ont aimés et postés. Aujourd’hui, cette dame m’a bloquée mais continue de poster en m’identifiant. Après cet événement, j’ai eu beaucoup de mal à faire face, je me disais que ce qu’elle disait était vrai, que je faisais n’importe quoi et que mes photos n’en valaient pas la peine. Il m’a fallu un certain temps pour reprendre confiance en moi.


As-tu déjà refusé des shootings ?
Oui, mais pas beaucoup. J’en ai refusé deux car les personnes n’ont fait que décaler et décaler le shooting. Au bout d’un moment j’ai d’autres personnes plus investies qui veulent travailler avec moi donc c’est bon, next. Sinon le nu et sous-vêtement masculin. Je ne suis pas du tout à l’aise avec ça. Autant avec les femmes j’arrive mais je ne me vois pas faire des photos d’homme en sous-vêtement…et moins.


Penses-tu que la photographie c’est pour tout le monde ?
Franchement oui. Techniquement, tout le monde prend des photos. Je ne parle pas du fait d’être photographe de métier mais d’avoir une affection pour la photographie. Pour moi c’est quelque chose que j’envisage totalement. Dès qu’on aime quelque chose ou qu’on trouve le ciel beau, on sort notre téléphone pour le prendre en photo. La majorité se contente de prendre en photo ses petits instants. Nous autres photographes on décide d’en faire notre métier avec la plus belle qualité possible pour que tout le monde puisse profiter de notre vision des choses. Il y a une citation que j’aime beaucoup qui dit : « La beauté d’une chose existe dans celui qui prend le temps de la regarder ».


C’est beau ! Que penses-tu des gens qui font payer des shootings fait avec leur IPhone ?
Franchement, ça tue le marché de la photo et en même temps, ce n’est pas la même clientèle. Le téléphone ce sont des photos vite fait bien fait comme les gens aiment dire. Il y a des gens qui m’ont déjà demandé de leur faire des photos au téléphone et je l’ai fait. S’il y a de l’offre c’est qu’il y a de la demande. Je l’ai dit plutôt, il y a des photographes qui remettent les photos 3 mois après. De nos jours les gens veulent tout, tout de suite. Donc ils veulent que ce soit rapide donc ils demandent à ce que ce soit fait a l’iPhone. Le seul truc que je trouve dommage c’est que l’image perd de sa nature. Après je comprends que le délai d’attente soit long voir trop long pour certains.


L’IPhone remplacera t’il bientôt l’appareil photo ?
Franchement je ne sais pas, la technologie me surprend de jour en jour. Je me dis qu’en soit non car les caméras évoluent en même temps que les téléphones. Donc en soi je ne pense pas que des gens iront jusqu’à faire des photos pour des magazines au téléphone. Pour les créateurs de contenus je pense qu’ils vont rester sur l’iPhone mais pour ce qui est du “sérieux” ça restera à la caméra pro.


As-tu déjà reçu des critiques de ton travail ? Qu’as-tu répondu ?
Je ne suis pas la meilleure photographe, bien sûr que j’ai déjà eu des critiques. D’ailleurs, sans critiques on n’évolue pas. Je suis quelqu’un qui se remet beaucoup en question. J’aime beaucoup avoir des avis extérieurs. Donc même si je pense que des photos sont bonnes à mon goût je demande une validation de la part des modèles/clients pour connaître leur préférence. Chacun ses goûts, je veux que tout le monde soit content alors je m’aligne. Je ne vais pas prendre les critiques mal sauf si c’est fait uniquement dans le but de me “casser”. Je veux apprendre de mes erreurs et continuer à progresser.


C’est si bien dit ! Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer dans le domaine de la photographie ?
Très clairement n’hésite pas à parler à des professionnels qui t’inspirent. Il y a des chances qu’ils te répondent. Demande des avis autour de toi et renseignes-toi comme tu peux pour avoir le style d’image qui te correspond. Il existe encore des personnes bienveillantes dans le monde de la photo qui seraient prêtes à partager leur savoir-faire. J’ai déjà donné des stages à des troisièmes ou des conseils à ceux qui demandent. Le but ce n’est pas de rester dans son coin avec sa science. Le but est qu’on grandisse tous ensemble. Et surtout : prends du plaisir !


Ta meilleure anecdote ?
Celle-là, elle est fun. Je faisais des photos dans une boutique en été, la boutique était fermée vu qu’on prenait tous les articles en photos mais la porte était ouverte à cause de la canicule. Une cliente est donc rentrée et a voulu essayer une robe. Elle essaye la robe mais garde son pantalon au niveau de ses chevilles. Elle sort de la cabine et regarde les autres vêtements avec le pantalon toujours au niveau de ses chevilles. Elle est resté une bonne vingtaine de minutes de la sorte, c’était drôle. En tout cas, merci beaucoup Sophie de m’avoir permis de partager mon expérience en tant que photographe !


Merci à toi et à très vite

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