On n’avait pas encore fini de digérer le choc — ou plutôt l’excitation — de l’annonce de son arrivée chez Dior que Jonathan Anderson nous balance déjà ses premiers visuels. Et spoiler alert : c’est une claque. Une belle, une très couture.
Dévoilée sur le compte Instagram de Dior en post partagé avec Jonathan Anderson (dans une ambiance lumière rasante et poses presque sculpturales), cette mini série de trois visuels tease les tout premiers sacs de l’ère Anderson. Et même si la collection complète est attendue pour septembre prochain, on peut déjà dire une chose : l’identité est là.

Côté design ? Des lignes nettes, des volumes graphiques, et une signature qui se joue quelque part entre héritage couture et brutalisme chic. Le sac qui retient l’attention ? Un modèle cabas oversize, rigide, monogrammé, presque architectural. Un hommage à la rigueur Dior twisté par la modernité andersonienne. Mention spéciale à l’anse en métal argenté — qu’on imagine déjà sur tous les moodboards Pinterest de septembre.
Mais… parce qu’il y a toujours un mais : parlons du tot-bag jaune avec « Dracula » écrit dessus. Et là, je suis désolée mais… c’est un non pour moi. Ce sac, je ne l’aime pas et je vais t’expliquer pourquoi. D’abord, la couleur jaune néon criarde — censée sans doute évoquer une énergie pop ou une vibe « subversion littéraire » — casse complètement la cohérence hyper léchée du reste. On est loin de la poésie silencieuse des autres pièces. Là, ça crie fort, mais sans vraie intention. Et l’inscription « Dracula » en typo façon jaquette de roman de gare… on dirait presque un clin d’œil kitsch, sauf que le second degré malheureusement là je le prend pas. On est plus dans le gimmick forcé que dans le geste mode.
Alors oui, Jonathan Anderson adore provoquer. Oui, il joue souvent avec les codes pop et l’absurde. Mais ici, ça tombe à plat. Trop littéral, pas assez stylisé. Presque une parodie de lui-même.
Heureusement, le reste de la direction semble prometteur. Ce qui fascine vraiment, c’est l’élégance silencieuse de l’ensemble. Pas de logo criard, pas de surenchère. Juste des pièces pensées comme des objets d’art. Le sac devient sculpture, accessoire manifeste, preuve qu’un nouveau chapitre s’ouvre — et qu’il promet.
D’un point de vue mode, c’est aussi le signe que Jonathan Anderson compte bien injecter dans Dior cette forme de radicalité raffinée qui fait son ADN chez Loewe. Et rien qu’avec ces quelques clichés (le Dracula mis à part), on comprend que la mutation a déjà commencé.
La rentrée s’annonce couture, et la fashion week de septembre promet d’être scrutée au millimètre. En attendant, on regarde (encore) les visuels, on zoome sur les détails, et on s’imagine déjà avec un de ces sacs à l’épaule. Pas celui qui crie Dracula, hein. Un autre. Un beau.
Enjoy,
Xoxo
