La London Fashion Week printemps-été 2026 vient de tirer le rideau, et cette saison restera dans les mémoires. Londres s’est affirmée plus que jamais comme le laboratoire de la mode mondiale, un espace où l’expérimentation côtoie le glamour, et où chaque défilé devient un manifeste. Sous l’impulsion de Laura Weir, nouvelle CEO du British Fashion Council, l’événement a pris une dimension inédite : suppression des frais de participation pour les jeunes créateurs, ouverture renforcée à l’international, et résultat immédiat : 18 % de shows en plus que la saison passée.
Pendant cinq jours, la capitale britannique a vibré au rythme d’une créativité foisonnante, entre stars confirmées, nouveaux talents et initiatives engagées. Voici ce qu’il ne fallait absolument pas manquer.
Les grands moments de la semaine
Burberry a refermé la Fashion Week avec un show signé Daniel Lee, transformant la scène en festival à la sauce Glastonbury : crochet coloré, trenchs en cuir raccourcis, touches de néon et ambiance musicale live. Une célébration d’un esprit britannique assumé, à mi-chemin entre classicisme et rébellion. Et un front row plus qu’iconique !


Simone Rocha, toujours poétique et sensible, a présenté une collection où la délicatesse des tissus contrastait avec des détails plus affirmés, flirtant avec le punk londonien. Sans oublier le teasing de sa nouvelle collaboration avec Crocs…











Conner Ives a creusé les thèmes du genre et de l’identité avec sa collection “PROTECT THE DOLLS”, transformant des deadstocks en pièces subversives — du sportswear féminin détourné en manifeste de mode.





Chopova Lowena (une de mes marques préférés ever) a poursuivi son exploration d’un imaginaire hybride, entre folklore et fantastique : plissés, perles et motifs décalés composaient une collection vibrante, presque onirique.








Ashish Gupta, le créateur londonien derrière la marque éponyme, continue de prouver que la mode peut être joyeuse, audacieuse et décomplexée. Connu pour ses sequins éblouissants, ses couleurs saturées et ses silhouettes festives, Ashish transforme chaque collection en véritable célébration de la créativité. Avec son approche ludique et résolument optimiste, il rappelle que la mode ne se limite pas à des codes stricts : elle est un terrain de jeu, une expérience sensorielle et un moment de liberté. Cette saison encore, ses pièces scintillantes et pleines d’humour captivent autant les tapis rouges que les street styles, réaffirmant son statut de designer qui rend la mode à nouveau fun et désirable.

Erdem, pour son 20e anniversaire, a convoqué l’histoire et le symbolisme, entre silhouettes romantiques, dentelles sombres et broderies somptueuses.


Richard Quinn a livré l’un des moments les plus spectaculaires de la semaine. Naomi Campbell a ouvert le show, donnant le ton d’une mise en scène théâtrale où couture extravagante et lyrisme dramatique se sont mêlés avec brio.






Rory William Docherty, jeune créateur néo-zélandais, a fait ses débuts marquants en puisant son inspiration dans les océans : silhouettes fluides, imprimés abstraits et détails évoquant les fonds marins ont captivé l’audience.




Impossible de passer sous silence le show Sprayground, auquel j’ai eu la chance d’assister. Pour la toute première fois, la marque new-yorkaise a défilé à la Fashion Week de Londres, et le pari fut explosif. Au Freemasons’ Hall, transformé en véritable playground de 47 silhouettes, Sprayground a marié streetwear et artisanat de luxe avec une énergie rare. Les sacs iconiques de la maison étaient revisités dans des déclinaisons spectaculaires, tandis que les silhouettes mixaient audace et inclusivité.

Une mode plus responsable
Cette saison londonienne a aussi fait une large place à la durabilité. eBay a organisé un défilé de pièces pre-loved. Dans un geste à la fois audacieux et responsable, eBay a transformé la Fashion Week en un véritable manifeste pour la mode circulaire. Le défilé Pre-Loved a mis en avant des pièces de seconde main soigneusement sélectionnées, prouvant qu’élégance et durabilité peuvent parfaitement coexister. Chaque look, porté par des mannequins au style unique, racontait une histoire différente, soulignant l’originalité et la valeur de la mode réutilisée. C’est une excellente initiative qui rappelle que le luxe et le style ne sont pas l’apanage du neuf et qu’acheter responsable peut être aussi fun et désirable que suivre les tendances les plus pointues. Tandis que Vinted s’est associée à Oxfam pour mettre en avant des looks revalorisés, confirmant que la seconde main est désormais pleinement intégrée à la Fashion Week.


Et dans la rue…
Comme toujours, le street style londonien a pris une place centrale. Les abords des défilés se sont transformés en podiums spontanés : layering inventif, récup’ créative, affirmations identitaires. Plus qu’un simple « look parfait », c’est la liberté d’expression vestimentaire qui a dominé.




Crédit photo : Mode Hunter
Entre les poids lourds du calendrier, les étoiles montantes et l’arrivée d’outsiders, cette London Fashion Week SS26 s’impose comme l’une des plus vibrantes de ces dernières années. Un mélange unique d’audace, de culture et d’innovation, qui confirme que Londres reste le cœur battant de la mode mondiale.
Enjoy,
Xoxo
