Les rues de Milan, habituellement paisibles en cette saison, se sont transformées en théâtre de la mode mondiale. Entre les grands noms, les premières audacieuses, les hommages, et les explorations créatives, les quatre premiers jours ont posé les jalons d’une semaine intense — où chaque show semblait se croiser, se répondre, se réinventer.
Dès le lancement, Gucci by Demna a bousculé les codes. Plutôt que de présenter une collection traditionnelle, Demna a choisi de dévoiler “La Famiglia” via un film cinématographique réalisé par Spike Jonze, intitulé The Tiger. Avec Demi Moore en matriarche et un casting éblouissant, le film mêlait satire, héritage familial et éclats de luxe. Ce geste, audacieux, a rappelé que la mode peut devenir de l’art immersif.

Au cours des jours suivants, les premières surprises ne manquaient pas. Diesel, par exemple, a ouvert l’édition avec une chasse aux œufs urbaine : des capsules disséminées dans Milan contenaient des looks de la collection SS26 — une manière de rendre l’expérience fashion interactive, ludique et pleine de suspense.

Chez Fendi, l’énergie a explosé avec une scénographie pixelisée inspirée par les jeux vidéo. Les silhouettes mêlaient couleurs vives, morceaux transparents et formes déconstruites, jouant sur les textures et les découpes. Les imprimés floraux traversaient les vêtements, détournés pour créer une vibration visuelle moderne. Côté détails on à été plus que servis, et voici mes préférés.






Jil Sander, sous la direction de Simone Bellotti, a fait sensation dès son entrée : minimalisme revisité, coupes précises, audace mesurée. Le contraste entre rigueur et légèreté se percevait dans chaque pièce — trenchs découpés, superpositions techniques et volumes contrôlés.



Prada n’est pas restée en retrait. La maison a joué sur l’idée de l’uniforme : pièces utilitaires, lignes nettes, surfaces structurées — mais avec des touches de couleur inattendues qui ont dynamisé l’ensemble. Des jupes suspendues, des contrastes vive/neutre, des combinaisons inattendues — c’était comme si Prada se lançait un défi : et si la sophistication pouvait aussi être joyeuse ?


Pendant ce temps, la collection Emporio Armani, présentée lors d’un moment empreint d’émotion, résonnait comme un hommage au fondateur Giorgio Armani, disparu plus tôt ce mois-ci. Les pièces, légères, dans des tons clairs (beiges, sand, crèmes), évoquaient les retours de voyage, le vent solaire, les matières cousues pour la chaleur. Le show a déclenché une standing ovation prolongée, sans présence traditionnelle du créateur, mais avec la force d’un héritage tangible.
Moschino, fidèle à son esprit subversif, a puisé dans l’Arte Povera : matériaux simples transformés, objets du quotidien métamorphosés en accessoires haute mode, trompe-l’œil, humour visuel. L’un des points les plus mémorables : ce t-shirt géant “Niente” pour clore le show, rappelant que l’ombre du “rien” peut être une source — la mode comme idéologie du possible. Spoiler : j’ai adoré !















Enfin, Roberto Cavalli a proposé un univers de lumière, avec des pièces scintillantes, des tissus métalliques, des coupes sensuelles. La collection brillait, littéralement, comme une fête de textures dorées, de drapés fluides et d’audaces nouvelles.



Enjoy,
Xoxo
