Fashion Week 2025 – SS26 : la diversité se fait toujours attendre 

En cette fin de saison printemps-été 2026, un constat s’impose : l’inclusivité des tailles reste presque invisible sur les podiums, et cela nous attriste profondément. Cette année encore, l’industrie de la mode semble revenir à des standards strictement “taille 34 voir 36”, excluant sans remède les corps qui ne correspondent pas à ce moule étroit. Selon les données compilées récemment par une étude couvrant les principales fashion weeks de New York, Londres, Milan et Paris, 97,1 % des 9 038 looks présentés l’ont été sur des mannequins de taille US 0-4 (soit EU 32-36), tandis que seuls 2,0 % concernaient des modèles “mid-size” et 0,9 % seulement des modèles “plus-size”. 

Cette absence quasi totale de diversité corporelle sur les podiums est d’autant plus dommageable qu’elle intervient dans une période où de nombreux consommateurs réclament plus de représentativité. Il ne s’agit plus seulement d’un caprice marketing : il en va de la légitimité d’un secteur censé célébrer la beauté dans toute sa pluralité. Pourtant, la réalité montre un retrait : là où quelques progrès avaient été observés il y a quelques saisons, l’inclusivité semble reculer. Le phénomène de « retour à la minceur » est désormais décrit par des observateurs comme un « 360 ° » face à ce que beaucoup pensaient être une progression irréversible. 

Pourquoi un tel recul ? Plusieurs raisons convergent : la plupart des échantillons destinés aux défilés sont toujours conçus pour des tailles extrêmement réduites, ce qui évite aux maisons d’engager un processus de gradation complet. Par ailleurs, l’arrivée massive de traitements médicaux réduisant l’appétit, la valorisation continue de “l’extrême minceur” et la pression sociale envers un corps “parfait” alimentent ces standards archaïques. 

Pour autant, ce n’est pas qu’une question de moralité : c’est aussi une question d’avenir économique et culturel. Une mode exclusive à des tailles ultra-minces nie la richesse des corps, des goûts et des expériences. Elle laisse derrière elle une grande partie de la clientèle, et un éventail créatif réduit. En tant que lectrices, lecteurs, amatrices et amateurs de style, nous attendions des scènes plus inclusives, plus ouvertes, plus représentatives de la diversité réelle. Le silence prolongé face à cette situation est comme un miroir brisé projetant une vision étroite de ce que la mode “devrait” être.

Il est temps, plus que jamais, que les maisons de couture, les marques et les créateurs prennent la mesure de cette réalité : la beauté n’est pas un seul format. La taille n’est pas un choix esthétique mais une donnée sociale, une expérience vécue. Nous sommes tristes de constater que la mode ne soit pas encore à la hauteur de ses promesses. Mais cette tristesse est aussi un moteur : celui d’inviter la mode à faire mieux, à s’ouvrir, à laisser entrer tous les corps dans le spectacle.

Enjoy,
Xoxo

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