Elle nous avait déjà séduits avec BEIS, sa marque de voyage à l’esthétique léchée et à l’esprit pratique. Mais cette fois, Shay Mitchell s’aventure sur un terrain bien plus glissant : le skincare pour enfants. Avec son amie Esther Song, l’actrice de Pretty Little Things vient de lancer Rini, la marque s’appuie sur un nom inspiré du coréen (« eorini » signifiant « enfant »), et s’inspire pleinement de la K-beauty et pensée pour les tout-petits, dès l’âge de trois ans.

Disponible depuis le 7 novembre 2025, la marque propose des masques 100 % coton ou en hydrogel, enrichis en vitamine B12 et formulés sans colorants synthétiques. Leur promesse ? “Apaiser, hydrater, et réparer la peau des enfants”, explique la marque. Un discours qui, forcément, fait réagir.
Sur Instagram, Shay Mitchell s’est confiée dans un long message, à la fois sincère et très personnel : « So excited (and honestly, so relieved) that I can finally talk about Rini… inspired by my girls, their curiosity, and all the little moments that made me realize how early it starts… This has been three years in the making… Rini isn’t about beauty it’s about self-care… » en français : “Je suis tellement excitée (et honnêtement soulagée) de pouvoir enfin parler de Rini. C’est un projet que je porte depuis trois ans, inspiré par mes filles, leur curiosité, et tous ces petits moments du quotidien qui m’ont fait réaliser à quel point tout commence tôt. Rini ne parle pas de beauté, mais de self-care : apprendre à nos enfants que prendre soin d’eux peut être doux, amusant et bienveillant.”
Un message touchant, qui s’inscrit dans la continuité de l’image chaleureuse et bienveillante que Shay cultive depuis des années. Pourtant, malgré ses bonnes intentions, le lancement de Rini a déclenché une véritable tempête digitale. Sur les réseaux, beaucoup s’interrogent : les enfants ont-ils vraiment besoin de skincare ? Evidemment, la réponse est non. Car si la marque promet des formules ultra-douces, les dermatologues, eux, rappellent que la peau des plus jeunes n’a pas besoin d’être traitée — seulement protégée. Leur barrière cutanée, encore fragile, se renforce naturellement avec le temps. Introduire des produits, même “clean”, pourrait au contraire la déséquilibrer et perturber son microbiote. Dès lors, promouvoir un rituel beauté destiné aux tout-petits paraît non seulement imprudent mais aussi dangereux : ce n’est plus de la routine soin, c’est un virage culturel vers l’hyper-esthétisation de l’enfance.
Le malaise naît sans doute de là : de cette impression que l’univers du soin, déjà omniprésent chez les adultes, s’invite désormais dans l’enfance. Et si l’intention est d’instaurer des moments complices entre parents et enfants, la ligne reste fine entre le “jeu” et la normalisation d’un rituel beauté à un âge où l’insouciance devrait primer.
Visuellement, Rini s’inscrit dans la veine du skincare ludique : packagings pastel, masques en forme d’animaux (chiens, pandas, licornes), promesse de douceur et d’innocence. Elle s’est cristallisé autour de trois masques pour démarrer : le Hydrating Hydrogel Mask, le After Sun Hydrogel Mask et le Everyday Face Sheet Mask, déclinés en motifs ludiques pensés pour séduire les enfants.La gamme se veut « parent-enfant », mélangeant self-care, jeu et moment de complicité. Mais derrière le graphisme soigné, une question plus large se dessine : celle de l’âge auquel on commence à parler de “self-care”, et surtout, de ce qu’on met derrière ce mot.






Dans un monde où les “Sephora kids” fascinent autant qu’ils inquiètent, Rini agit comme un révélateur. Non pas d’une faute de goût, mais d’une époque où les frontières entre jeu et performance, entre imitation et construction de soi, deviennent floues.
Peut-être que Shay Mitchell n’a pas voulu créer une polémique, mais simplement partager un geste tendre avec ses filles. Pourtant, cette initiative soulève une réflexion nécessaire : et si apprendre à “prendre soin de soi”, c’était aussi apprendre à ne pas toujours vouloir “corriger” ?
Si vous aussi vous pensez que les produits de soin des enfants doivent rester simples, exempts de marketing excessif et de code “beauté”, envoyez-moi vos retours : c’est un débat qu’on ne peut plus éluder.
Enjoy,
Xoxo
