Aujourd’hui, la Fashion Week a confirmé qu’elle ne ressemble à aucune autre, avec des rendez-vous qui ont exploré à la fois l’ingéniosité technique, l’expression brute et des visions stylistiques inattendues. Dès la première présentation, Camper a offert une proposition de chaussures qui ne se contente pas de marcher : elles racontent une histoire de confort, de mouvement et de design réfléchi, oscillant entre innovation fonctionnelle et allure ludique. Sans oublier les tenues toutes plus intéressantes les unes que les autres ! C’est ce genre de démarrage qui donne tout de suite le ton pour une journée placée sous le signe de l’expérimentation.
Peu après, Issey Miyake a dévoilé un vestiaire à la fois poétique et rigoureux. Fidèle à son héritage, la marque a joué avec des plis, des textures et des volumes qui semblent à la fois capturer la lumière et libérer le corps. Les silhouettes suggèrent une forme de légèreté maîtrisée, où chaque pli est pensé comme un élément vivant, presque musical. C’est une mode qui respire, qui bouge avec nous, et qui rappelle que l’architecture du vêtement peut être une poésie en mouvement.
L’un des moments les plus attendus de la journée reste sans doute Rick Owens, dont la collection pour l’hiver 2026 a confirmé une fois de plus sa singularité radicale. Là où certains designers cherchent à adoucir ou à tempérer, Owens continue de creuser son sillon, avec des pièces qui semblent à la fois sculpturales et instinctives. Les proportions, les lignes et les textures créent des contrastes puissants, presque dramatiques, comme si chaque silhouette racontait un fragment d’une mythologie personnelle. C’est une approche qui ne se contente jamais de suivre la tendance, mais qui impose une vision qui lui est propre et immédiate.
Autre direction, mais tout aussi captivante : Kartik Research, marque indienne déjà remarquée qui apporte au vestiaire masculin une dimension nouvelle. Avec une esthétique qui mêle savoir-faire et inspiration local. Kartik Research propose des pièces qui donnent envie de repenser le vêtement comme une forme d’expression culturelle. Chaque coupe, chaque matière, semble questionner la relation entre tradition et modernité, offrant une vision du style qui est à la fois profondément ancrée dans un héritage et tournée vers l’avenir.
La journée s’est ensuite poursuivie avec des propositions tout aussi intrigantes, comme celles de Yamamoto, qui joue avec des textures sophistiquées et une palette plus contrastée, explorant l’urbain.
Et puis il y avait Dries Van Noten, qui a offert sa propre lecture de la saison avec une collection aussi raffinée qu’intelligente. Fidèle à son approche artisanale, Van Noten a exploré une palette riche de textures et de motifs, où les teintes terreuses : ambre, olives profondes, nuances de cuir patiné etc, se mêlaient à des touches plus lumineuses. Les silhouettes, à la fois structurées et fluides, semblaient capturer un équilibre délicat entre tradition textile et sensibilité contemporaine. Ce que l’on retient particulièrement, ce sont ces associations inattendues de matières superposées qui donnent l’impression d’un vestiaire en mouvement, presque vivant, et qui traduit cette idée que le vêtement est tant une question de forme que de rythme. Sa collection ne criait pas, mais elle parlait fort : d’attention au corps, d’intemporalité et d’un style qui se façonne au fil des saisons plutôt qu’au gré des tendances.






Ce troisième jour de Fashion Week a donc été un véritable dialogue entre visions très différentes : la fonctionnalité consciente de Camper, la poésie technique d’Issey Miyake, l’intensité sculpturale de Rick Owens, l’intelligence culturelle de Kartik Research et l’urbanisation de Yamamoto. Ensemble, ces présentations dessinent une cartographie riche et nuancée du vestiaire masculin d’aujourd’hui et de demain, où chaque proposition trouve sa place dans un écosystème de styles qui refuse la simplicité et célèbre la complexité.
Enjoy,
Xoxo
