Le dernier jour de la Fashion Week Homme de Paris avait cette saveur particulière des grandes clôtures : la tension, l’énergie, la sensation que tout doit être à la hauteur de ce que la semaine a construit. Et dès les premiers pas sur le podium, il était évident que cette journée serait mémorable.
La matinée a commencé avec Sacai, artiste du vestiaire hybride et maître des combinaisons inattendues. Là où d’autres cherchent à faire simple, Sacai explore la complexité des formes (pour notre plus grand plaisir) : des superpositions ingénieuses, des jeux de tissus qui semblent dialoguer entre eux, et une palette qui oscille entre sagesse et audace. Chaque silhouette racontait une histoire de contraste maîtrisé, comme si le vêtement cherchait à fusionner plusieurs temporalités, le passé, le présent et une vision très contemporaine du prêt-à-porter masculin.








La transition vers Doublet s’est faite avec un éclat de créativité différent mais tout aussi captivant. La marque a présenté un vestiaire qui retrouve une énergie presque ludique, tout en étant finement réfléchi. Les volumes semblaient danser, les textures surprendre, et chaque tenue était une invitation à repenser le vêtement comme un terrain d’expérimentation joyeuse. C’était une ode à la spontanéité, à la réinvention constante, une façon de rappeler que la mode peut être à la fois sérieuse et légère.








Agnès b. est venue ensuite avec une proposition qui semblait presque méditative après ces explorations. Fidèle à son ADN, la maison a signé des pièces qui parlent de la vie d’aujourd’hui avec simplicité et élégance. Les lignes étaient nettes, les matières confortables, mais tout portait cette impression d’un vestiaire pensé pour vivre, pas seulement pour être admiré.





Enfin, Jacquemus est arrivé. Clôturer une Fashion Week Homme à Paris, c’est un rôle qui demande une vision claire et une énergie affirmée, et la maison n’a pas déçu. La collection, baptisée Le Palmier, était une célébration de l’essentiel, à la fois profondément personnelle et universelle. Là où d’autres créateurs se perdent dans la complexité, Jacquemus a choisi l’élégance de la simplicité infusée d’une poésie méditerranéenne. Les silhouettes étaient fluides, légères, évoquant un vestiaire qui s’imagine sous un soleil doux, entre ombre et lumière. Les matières semblaient danser à mesure que les mannequins avançaient, comme si chaque mouvement capturait une brise, un moment de vie. Le Palmier s’inspire de la queue-de-cheval « palmier » de sa fille de 2 ans, une sorte d’hommage, mais aussi un hommage évident à Paloma Picasso, inspiré d’une photo iconique de la fille de Picasso, immortalisée par Helmut Newton en 1973.







Clore cette Fashion Week avec une telle collection, c’est comme finir une conversation vibrante par une note douce mais puissante. Après des jours de dialogues créatifs, de ruptures formelles, d’explorations audacieuses et de visions radicales, Jacquemus a offert une conclusion qui ressemble à une respiration profonde avant de reprendre le monde réel.
Et tandis que les lumières se sont éteintes et que la musique s’est tue, il est resté cette impression d’avoir assisté à quelque chose de vivant, d’intime, et pourtant pleinement connecté à l’air du temps. Parce qu’en fin de compte, c’est ça, la magie d’une Fashion Week bien menée : elle n’ordonne pas seulement, elle éveille.
Enjoy,
Xoxo
