La Fashion Week de Londres a débuté sous le signe de l’émotion. Pour la première fois depuis la disparition du créateur irlandais Paul Costelloe en novembre dernier, la maison éponyme présentait une collection sans son fondateur, un moment forcément chargé de sens pour l’industrie comme pour la famille. Aux commandes, son fils William Costelloe, désormais directeur créatif, qui a transformé ce défilé automne-hiver 2026-2027 en véritable hommage.

Présentée dès le premier jour de la London Fashion Week, la collection a clairement puisé dans les racines de la maison. Sur le podium, on retrouvait ce qui a toujours fait la signature Costelloe : des manteaux longs à épaules sculptées, des tailleurs pantalon nets, des blouses généreuses en volume et des robes structurées qui évoquent le romantisme sartorial cher au créateur disparu. Le message était limpide : revenir à l’essence plutôt que chercher la rupture.








Le vestiaire faisait la part belle au tweed, aux carreaux et à une maille très présente : autant de terrains familiers pour la griffe. Certaines impressions textiles avaient d’ailleurs été développées lors de la dernière collaboration entre le père et le fils, ajoutant une dimension particulièrement touchante à l’ensemble. Côté palette, William Costelloe a privilégié des tons terreux : beige chaud, blanc cassé, charbon, qui renforcent cette idée de continuité et de respect de l’ADN.







La silhouette se voulait à la fois fidèle et légèrement modernisée. Les pulls côtelés à larges capuches dialoguaient avec des jupes courtes, tandis que des pantalons culotte apportaient du mouvement. Des détails plus théâtraux, comme des nœuds oversize, venaient ponctuer certains looks. Les accessoires restaient dans la même logique : longues écharpes épaisses et sacs XXL accompagnaient les passages avec une certaine assurance.









En coulisses, William Costelloe a résumé l’esprit de cette première collection en expliquant qu’il s’agissait avant tout d’un hommage à ce que son père lui avait transmis. Et cela se ressent : plutôt qu’un exercice de style opportuniste, le défilé avait la gravité douce des moments de transmission réelle.
Figure incontournable du calendrier londonien depuis 1984, Paul Costelloe ouvrait traditionnellement la semaine de la mode britannique. Le voir honoré dès le lancement de cette nouvelle saison donne le ton : dans une Fashion Week souvent saluée pour son soutien aux jeunes talents, la mémoire de ses piliers historiques reste bien vivante.
Avec cette première prise de parole, la maison montre surtout qu’elle entre dans une nouvelle phase. Le défi pour William Costelloe sera désormais d’aller au-delà de l’hommage et de prouver que l’héritage peut continuer à évoluer sans perdre son âme. Une transition délicate — mais désormais officiellement lancée.
Enjoy,
Xoxo
