Le premier défilé Valentino sans Garavani

La mode possède parfois une dimension presque cérémonielle. Certains défilés dépassent le simple exercice stylistique pour devenir de véritables moments d’histoire. Le défilé automne-hiver 2026-2027 de Valentino appartient à cette catégorie. Présentée à Rome, cette collection prêt-à-porter était la première depuis la disparition de Valentino Garavani, fondateur de la maison et figure monumentale de la couture italienne, décédé en janvier 2026 à l’âge de 93 ans. 

Dans ce contexte particulier, la collection prenait naturellement une dimension symbolique. Au-delà des vêtements, il s’agissait presque d’un hommage : celui d’une maison qui poursuit son histoire tout en saluant l’héritage d’un créateur ayant façonné certaines des silhouettes les plus emblématiques du XXe siècle.

Pour marquer ce moment, la maison a choisi de revenir à ses racines. Le défilé s’est tenu à Rome, au Palazzo Barberini, un palais baroque chargé d’histoire qui a offert un décor spectaculaire à cette collection très attendue. Ce choix n’était évidemment pas anodin. Rome n’est pas seulement le berceau de Valentino : c’est aussi la ville où le fondateur a construit son univers, mélange unique de glamour italien, d’élégance aristocratique et de sensualité raffinée.

Aux commandes de cette nouvelle ère, Alessandro Michele, poursuit l’exploration de sa vision très personnelle du vêtement. Pour cette collection, le créateur semble avoir cherché un équilibre délicat : respecter l’héritage Valentino tout en affirmant son propre langage esthétique. 

Le résultat est une collection riche, théâtrale, presque cinématographique. Les silhouettes oscillent entre romantisme et excentricité contrôlée. Drapés complexes, manteaux sculpturaux et volumes dramatiques se succèdent sur le podium, révélant une approche du vêtement qui privilégie la construction et la profondeur visuelle plutôt que l’effet immédiat. 

Les couleurs jouent également un rôle central. Certaines silhouettes apparaissent dans des teintes saturées, presque picturales, évoquant la tradition italienne de la peinture et de l’architecture. D’autres se déploient dans des palettes plus sombres, accentuant la dimension presque dramatique du défilé.

On retrouve aussi plusieurs détails stylistiques particulièrement remarqués : des ceintures satinées larges qui structurent la taille, des superpositions de tissus légers, et des silhouettes qui semblent constamment osciller entre rigueur et fluidité.

Mais au-delà des vêtements, ce défilé racontait surtout une histoire. Celle d’une maison fondée en 1960 par Valentino Garavani et devenue, au fil des décennies, l’un des symboles absolus de l’élégance italienne.
Pendant plus d’un demi-siècle, le créateur a habillé des personnalités du monde entier, des actrices hollywoodiennes aux figures de la royauté, imposant un style immédiatement reconnaissable, souvent incarné par son célèbre rouge Valentino.

Présenter cette collection à Rome, un mois après sa disparition, revenait presque à refermer un cercle. Le passé et le présent se sont rencontrés dans ce palais romain, où chaque silhouette semblait dialoguer avec l’histoire de la maison.

Et si ce défilé marquait forcément une forme de transition, il a surtout rappelé une chose essentielle : dans la mode, les maisons survivent aux créateurs qui les ont fondées. Elles continuent d’évoluer, de se transformer et d’écrire de nouveaux chapitres.

Chez Valentino, ce chapitre vient à peine de commencer.

Enjoy,
Xoxo

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