Le nouveau chapitre Gaultier : la première campagne de Lantik

Il y a toujours un moment charnière dans une prise de fonction : celui où tout devient concret. Chez Jean Paul Gaultier, ce moment prend aujourd’hui la forme d’une campagne. La toute première imaginée par Duran Lantink depuis sa nomination, et surtout, celle qui donne enfin à voir sa vision.

Baptisée “Junior”, cette campagne printemps-été 2026 n’a rien d’un simple exercice de style. Elle s’inscrit dans une volonté claire : reconnecter la maison à une énergie plus jeune, plus instinctive, presque irrévérencieuse. Une référence directe à l’histoire de Gaultier lui-même, et à ses débuts marqués par une mode libre, joueuse, profondément ancrée dans la culture populaire.

Visuellement, le ton est immédiat. Photographiée par le duo Inez & Vinoodh, la campagne oscille entre glamour et second degré, avec cette capacité à ne jamais se prendre totalement au sérieux, une signature fidèle à l’esprit Gaultier.

Mais c’est surtout dans les vêtements que se joue le dialogue. Duran Lantink puise dans les codes iconiques de la maison : la marinière, les jeux de trompe-l’œil, les silhouettes corsetées, pour mieux les déconstruire.
Résultat : des silhouettes étirées, des volumes inattendus, une sensualité assumée mais jamais figée. On retrouve l’ADN Gaultier, mais passé à travers un filtre plus expérimental, presque instinctif.

Ce qui frappe, c’est cette tension constante entre respect et rupture. Lantink ne cherche pas à reproduire. Il transforme. Là où beaucoup auraient pu tomber dans une nostalgie confortable, il injecte une forme d’étrangeté, parfois déroutante, mais toujours intentionnelle (et on adore).

Ce positionnement n’est pas anodin. Depuis le départ de Jean Paul Gaultier en 2020, la maison naviguait entre collaborations ponctuelles et héritage à préserver. L’arrivée de Lantink en tant que directeur créatif permanent marque une nouvelle étape : celle d’une vision continue, incarnée, assumée.

Et cette campagne agit comme une déclaration.

Oui, Gaultier reste Gaultier : provocateur, sensuel, libre.

Mais désormais, il parle avec une nouvelle voix. Une voix plus brute, plus contemporaine, parfois clivante.

Et dans une industrie souvent obsédée par le consensus, c’est peut-être exactement ce qu’il fallait.

Enjoy,
Xoxo

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