Martin Margiela met son histoire aux enchères

C’est l’un des événements les plus rares que la mode contemporaine ait connu depuis des années. Cet été, Martin Margiela dévoilera pour la première fois une partie de ses archives personnelles lors d’une vente exceptionnelle organisée à Paris par Maurice Auction en collaboration avec Kerry Taylor Auctions.

Et pour comprendre l’importance de cette annonce, il faut se rappeler que Margiela n’est pas un créateur comme les autres. Depuis son départ brutal de la mode en 2009, le designer belge est devenu presque mythologique. Invisible, silencieux, absent des réseaux sociaux comme des interviews, il a construit malgré lui une fascination unique dans l’industrie.

Cette vente apparaît donc comme une ouverture extrêmement intime sur son univers.

Plus de 200 lots seront proposés, retraçant près de vingt-cinq années de création, de 1984 à 2008. Croquis, prototypes, photographies, objets personnels, pièces iconiques ou encore vêtements issus de son passage chez Hermès : l’ensemble ressemble moins à une simple vente qu’à une immersion dans l’esprit d’un des créateurs les plus influents de l’histoire moderne de la mode.

Parmi les objets les plus symboliques déjà annoncés : son téléphone de bureau de 1988 recouvert de peinture blanche, des Tabi boots griffonnées à la main, ou encore les célèbres “blouses blanches” portées par les équipes de la maison. Des pièces devenues presque sacrées pour toute une génération de collectionneurs et de designers.

Mais ce qui rend cette vente réellement historique, c’est surtout l’implication directe de Martin Margiela lui-même. Selon les organisateurs, le créateur aurait personnellement participé à la sélection des objets et souhaitait avant tout leur offrir “une nouvelle vie” auprès de collectionneurs, d’institutions et de passionnés.

Depuis plusieurs années, l’obsession autour des archives Margiela n’a cessé de grandir. Entre ventes privées ultra confidentielles, collectionneurs spécialisés et explosion du marché vintage, certaines pièces de la maison atteignent désormais des prix comparables à ceux de l’art contemporain. Les estimations de cette vente devraient varier de quelques centaines d’euros pour certains documents à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour les pièces les plus rares.

Plus qu’une enchère, cet événement confirme surtout une chose : Martin Margiela continue d’influencer la mode contemporaine bien au-delà de son absence. Et peut-être même davantage aujourd’hui qu’à l’époque où il créait encore.

Enjoy,
Xoxo

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