La Fashion Week de New York vient à peine de commencer que Ralph Lauren donne déjà le ton. Présentée hier, mercredi 9 septembre à la Jack Shainman Gallery, à Manhattan, sa collection printemps-été 2027 ouvre la saison avec une vision beaucoup moins sage de l’élégance américaine.

Pour cette nouvelle collection, Ralph Lauren s’est attaqué à ses propres classiques. Mais plutôt que de simplement les reproduire, le créateur de 86 ans les dérègle légèrement. Son idée : une « nouvelle élégance » construite autour d’une vision irrévérencieuse du romantisme, où l’individualité et le plaisir de s’habiller prennent le dessus.
Et cela se voit immédiatement dans les silhouettes.
Le tailoring reste évidemment central, mais les costumes deviennent plus fluides, les pantalons beaucoup plus volumineux et certaines vestes adoptent des proportions plus surprenantes. Le premier costume féminin créé par Ralph Lauren est même revisité, tandis que les cravates font un retour particulièrement remarqué : près de soixante ans après avoir commencé sa carrière avec cet accessoire, le créateur le replace au cœur de la collection.



Mais le véritable changement d’ambiance se trouve peut-être dans le mélange des genres.
Le denim, habituellement associé à l’Americana la plus classique, devient ici beaucoup plus sensuel. Certains jeans sont portés très bas sur les hanches et accompagnés de vestes courtes, tandis que d’autres pièces en denim se parent de plumes blanches. À l’inverse, les silhouettes les plus sophistiquées jouent avec des détails presque théâtraux : cols victoriens, franges, broderies, velours et robes longues viennent casser la rigueur habituelle du vestiaire.
La palette reste pourtant extrêmement Ralph Lauren. Beaucoup de blanc, du bleu marine, quelques touches de denim et des matières riches suffisent à installer l’univers. Pas besoin de couleurs criardes lorsque les proportions et les textures font déjà tout le travail.
L’un des looks les plus inattendus associe d’ailleurs un pantalon ample bleu marine à un haut doré entièrement frangé, tandis que certaines robes du soir semblent flotter autour du corps plutôt que de chercher à le structurer.
Cette collection fonctionne finalement comme une conversation entre plusieurs Ralph Lauren : celui des costumes et des cravates, celui du denim américain, celui du glamour du soir et celui, beaucoup plus libre, qui semble vouloir sortir de ses propres règles.
Même le décor participait à cette nouvelle lecture. Dans l’espace épuré de la galerie new-yorkaise, les vêtements pouvaient presque parler seuls, sans le décor spectaculaire auquel Ralph Lauren nous a parfois habitués.
Et au milieu de tout ça, le créateur est lui-même venu saluer le public à la fin du show. À 86 ans, Ralph Lauren continue donc de revisiter les codes qu’il a lui-même contribué à définir.
Pour le printemps 2027, l’American style ne disparaît pas. Il se lâche simplement un peu.
Enjoy,
Xoxo
