La Fashion Week de Londres vient de gagner un invité pour le moins inattendu. Pour la première fois de son histoire, Marks & Spencer s’est offert un véritable défilé inscrit au calendrier officiel de la LFW. Et le timing est plutôt parfait : en 2026, l’enseigne britannique célèbre exactement 100 ans de mode.

Le rendez-vous avait lieu hier, le 18 septembre au Design Museum de Londres, où M&S a présenté 59 silhouettes, entre womenswear et menswear. Mais loin de transformer l’événement en simple anniversaire nostalgique, la marque a utilisé son immense archive comme point de départ pour réinterpréter ses classiques.
Et cette archive est loin d’être petite. Installée à Leeds, elle conserve plus de 72 000 pièces historiques. Les équipes de création de M&S s’y sont plongées pour retrouver des coupes, matières, imprimés et détails qui ont marqué les différentes décennies de la marque, avant de les retravailler pour aujourd’hui.
Sur le podium, on retrouve donc plusieurs signatures de l’enseigne : tailoring, maille, chemises, manteaux, denim et imprimés floraux. Mais certains looks prennent une direction nettement plus mode, avec un smoking noir, un pantalon rouge éclatant, une cape en satin inspirée des années 1920 ou encore une veste aviateur en similicuir bordée de fausse fourrure.
Le défilé faisait également quelques clins d’œil très précis à l’histoire de M&S. Une veste en shearling s’inspire ainsi d’une pièce vintage St Michael, tandis qu’un costume et une chemise blanche reprennent l’esprit des silhouettes portées par Christy Turlington dans les campagnes de la marque dans les années 1990.
Et évidemment, M&S n’allait pas organiser son premier show de Fashion Week sans faire les choses différemment. Ici, pas question de présenter une collection pendant six mois avant de la voir arriver en boutique. Le concept était « see now, buy now » : les 59 looks étaient disponibles à l’achat immédiatement après le défilé, en ligne et dans dix grands magasins au Royaume-Uni et en Irlande. Une sélection est également proposée à l’international via Zalando.
Même le casting avait quelque chose de particulier. Parmi les mannequins figuraient les supermodels des années 1990 Jodie Kidd, Erin O’Connor et Karen Elson, ainsi que Lennon Gallagher. Une manière assez évidente de faire dialoguer plusieurs générations de la mode britannique.
Côté prix, M&S reste fidèle à son positionnement : la moitié de la collection est proposée à moins de 55 £, avec par exemple une veste de smoking à 85 £, un jean wide-leg à 42 £ ou encore un top cape en satin à 55 £.
Mais derrière le spectacle, l’enjeu est surtout commercial. M&S cherche depuis plusieurs années à renforcer l’image mode de son offre et à attirer une clientèle plus jeune et davantage intéressée par la mode. Ce premier passage à la Fashion Week est donc aussi une façon de montrer que l’enseigne peut désormais jouer sur le même terrain médiatique que les acteurs plus spécialisés du secteur.
Après un siècle passé à habiller le Royaume-Uni depuis le high street, M&S vient donc littéralement de monter sur le podium.
Et pour son premier défilé, l’enseigne a choisi de regarder derrière elle… juste assez pour mieux montrer où elle veut aller.
Enjoy,
Xoxo
