Après avoir marqué Louis Vuitton, Dior Men et Fendi, Kim Jones ouvre un nouveau chapitre de sa carrière. Le créateur britannique vient d’annoncer le lancement de KIM JONES, sa marque éponyme, dont la première collection est attendue pour l’automne-hiver 2027. Un retour à l’indépendance créative pour celui qui a passé plus de vingt ans à réinventer les codes des grandes maisons de luxe.

Kim Jones n’en est pas à son premier projet personnel. Après ses études à Central Saint Martins, à Londres, il avait lancé une première marque portant son nom en 2003, avant de mettre cette aventure entre parenthèses en 2008 pour prendre la direction artistique de Dunhill. Plus de vingt ans après ses débuts, le créateur revient donc à une formule qui lui permet de travailler sous sa propre identité, mais avec une expérience considérablement enrichie par ses années au sommet de l’industrie.
Son parcours parle de lui-même. Chez Louis Vuitton, où il dirige les collections masculines de 2011 à 2018, il contribue à rapprocher le luxe du streetwear, notamment avec la collaboration devenue culte entre la maison française et Supreme en 2017. Il rejoint ensuite Dior Men, où il développe un vestiaire qui mêle élégance masculine, références historiques et culture contemporaine. En parallèle, il prend les commandes du prêt-à-porter féminin et de la haute couture chez Fendi, poursuivant son travail autour des archives et des codes patrimoniaux.
Depuis son départ de Dior Men en 2025, Kim Jones n’avait pas totalement quitté le secteur. Il avait notamment travaillé sur Areal, une ligne développée avec le spécialiste chinois du vêtement d’extérieur Bosideng. Mais cette nouvelle marque représente une étape différente : cette fois, il ne s’agit plus de reprendre l’histoire d’une maison existante, mais de construire son propre univers.
La première collection est prévue pour l’automne-hiver 2027. Peu de pièces ont encore été dévoilées, mais la direction annoncée donne déjà quelques indications sur l’identité du projet. Le vestiaire entend dépasser les catégories traditionnelles du masculin et du féminin, avec une approche polyvalente et des vêtements conçus pour être portés de différentes manières.
Le tailoring devrait occuper une place importante, accompagné de pièces inspirées des archives personnelles du créateur. Certaines références évoquées autour du projet incluent notamment des vestes de smoking réversibles et des chemises en patchwork. L’idée n’est pas de reproduire à l’identique ses collections passées, mais de puiser dans son propre répertoire pour le faire évoluer dans un contexte plus personnel.
Cette liberté pourrait être particulièrement intéressante pour Kim Jones. Au fil de sa carrière, il a souvent construit des ponts entre des univers qui semblaient éloignés : le streetwear et la couture, les vêtements fonctionnels et le luxe, la mode et l’art contemporain. Chez lui, les collaborations ne sont pas de simples opérations ponctuelles, mais un moyen de faire circuler les idées entre différentes disciplines. Avec KIM JONES, cette approche devrait devenir le fil conducteur d’un projet qui ne dépend plus des contraintes créatives d’une maison historique.

La production reflète cette volonté de combiner différentes expertises. Les vêtements seront principalement fabriqués au Japon, tandis que les pièces de maroquinerie seront confectionnées en Italie. La conception de la collection sera, elle, menée depuis le studio londonien du créateur, qui s’associe à sa collaboratrice de longue date, Lucy Beeden, pour développer cette nouvelle aventure.
Le choix du Japon n’est pas anodin. Kim Jones entretient depuis longtemps un dialogue avec la culture et la création japonaises, aussi bien dans ses collections que dans ses collaborations artistiques. Cette implantation dans la fabrication japonaise donne donc une cohérence particulière au projet, même si les détails précis des ateliers et des matières utilisés restent à découvrir.
Autre élément notable : la marque annonce un positionnement à un niveau de prix étudié. Aucun tarif détaillé n’a encore été communiqué, mais cette intention suggère la volonté de proposer un vestiaire dont le prix sera réfléchi au regard de sa fabrication et de son positionnement, plutôt que de se limiter à une logique de luxe toujours plus inaccessible.
Le calendrier est déjà défini. La première collection KIM JONES sera lancée en ligne à partir de la mi-2027, via le site officiel de la marque. Elle sera suivie, en octobre 2027, par l’ouverture de la première boutique physique à Central Yards, un vaste projet commercial situé sur le front de mer de Hong Kong. D’autres ouvertures en Asie et des partenariats avec une sélection de distributeurs internationaux sont également envisagés.
Ce choix confirme l’importance du marché asiatique dans la stratégie de lancement. Mais il souligne aussi une ambition plus large : faire de KIM JONES une marque à part entière, avec sa propre distribution, son propre rythme et une identité indépendante des groupes de luxe pour lesquels le créateur a travaillé.
Pour Kim Jones, ce retour à son nom est donc bien plus qu’un simple comeback. C’est l’occasion de réunir ses passions pour la mode, l’art et le design dans un projet dont il pourra définir lui-même les contours. Après avoir façonné l’identité de plusieurs maisons parmi les plus influentes de l’industrie, le créateur s’apprête à relever un défi différent : prouver qu’il peut aussi construire une marque autour de sa propre vision.
Le rendez-vous est pris pour 2027. D’ici là, il reste à découvrir les premières silhouettes, les prix et les collaborations qui donneront véritablement forme à ce nouveau chapitre.
Enjoy,
Xoxo
