Kiko Kostadinov impose la Tabi chez ASICS

Il y a des sneakers qui plaisent, et d’autres qui divisent immédiatement. Avec cette nouvelle itération signée Kiko Kostadinov pour ASICS, la frontière est claire : soit on adhère, soit on rejette. Mais impossible de rester indifférent.

La raison tient en un détail, presque dérangeant pour certains : la Tabi. Cette construction à orteil séparé, héritée du Japon traditionnel, fait ici une entrée frontale dans l’univers de la sneaker technique. Un geste radical, mais loin d’être gratuit.

Car derrière cette silhouette, il y a une vraie histoire. ASICS n’en est pas à son premier contact avec cette forme : dès les années 50, la marque développait déjà des chaussures de running inspirées des Tabi, pensées pour améliorer la stabilité et l’accroche. Kiko Kostadinov ne fait donc pas que provoquer, il réactive un héritage.

Mais évidemment, la version 2026 n’a plus rien de rétro.

La nouvelle LYASA FF Tabi pousse le concept plus loin que jamais. Exit les lacets : la chaussure devient un slip-on, presque une chaussette technique, qui vient épouser le pied avec une précision extrême. La matière est souple, élastique, minimaliste, avec très peu de coutures visibles, comme pour effacer toute contrainte.

Sous le pied, la semelle sculptée mêle EVA et technologies ASICS pour conserver un vrai confort de marche, malgré l’aspect expérimental. Une base performante, mais traduite dans un langage beaucoup plus mode.

Visuellement, la paire assume pleinement son statut d’objet. Deux coloris dominent ce drop : un Caramel / Rose Gold aux reflets presque métalliques, et un Carbon / Pure Silver plus froid, plus futuriste. Des finitions brillantes, des lignes courbes, des détails graphiques qui donnent l’impression que la chaussure est en mouvement permanent.

Présentée initialement sur le runway automne-hiver 2025 à Paris, la paire est finalement sortie avant-hier, avec une distribution sélective via Kiko Kostadinov et certains retailers pointus.

Côté prix, on reste dans une logique premium accessible pour ce type de collaboration : autour de 300 euros, selon les marchés.

Mais au-delà de l’objet, c’est ce que cette sneaker raconte qui compte vraiment. Depuis plusieurs saisons, la mode s’intéresse de plus en plus au pied : sa forme réelle, sa liberté, son mouvement. Après la vague des silhouettes massives, place à quelque chose de plus organique, plus proche du corps.

La Tabi, longtemps considérée comme marginale, devient ici un terrain d’expérimentation crédible. Et avec Kiko Kostadinov, elle quitte définitivement le statut de curiosité pour entrer dans celui de proposition sérieuse.

Reste une question : est-ce portable au quotidien ? Peut-être pas pour tout le monde. Et c’est précisément là que réside sa force.

Enjoy,
Xoxo

Laisser un commentaire