Liza Keane imagine l’apocalypse la plus fashion de Londres

S’il y avait un défilé à ne surtout pas manquer cette saison à Londres, c’était celui de Liza Keane. Et nous y étions. Pour son premier défilé inscrit à la Fashion Week de Londres, la créatrice britannique a présenté sa collection printemps-été 2027 dans un univers sombre, étrange et presque post-apocalyptique. Une première apparition officielle qui ne ressemblait franchement à aucune autre.

Liza Keane fait partie de la nouvelle génération soutenue par le programme NEWGEN du British Fashion Council. Fondée en 2022 après le passage de la créatrice par Central Saint Martins, sa marque s’est rapidement fait remarquer pour ses silhouettes sculpturales et très près du corps, entre sensualité et armure. FKA twigs et Julia Fox font notamment partie de celles qui ont déjà porté ses créations.

Mais cette saison, l’univers est devenu beaucoup plus inquiétant.

Présentée hier, le 21 septembre, la collection SS27 plonge les silhouettes dans une esthétique presque dystopique. Les corps semblent protégés, enveloppés ou parfois volontairement exposés par des pièces qui jouent constamment avec la frontière entre vulnérabilité et puissance. Une approche qui correspond parfaitement au travail de Keane, pour qui le vêtement fonctionne autant comme seconde peau que comme forme d’armure psychologique.

Le cuir occupe évidemment une place centrale. Il épouse le corps, se découpe, se superpose et devient presque une matière organique. À côté, les textiles récupérés et les matières deadstock rappellent l’engagement de la créatrice : Liza Keane construit ses collections à partir de matériaux upcyclés et de tissus naturels, en limitant au maximum l’utilisation de matières neuves.

Et c’est là que le côté gothique du défilé devient particulièrement intéressant. On retrouve une féminité très assumée, mais jamais vraiment romantique. Les silhouettes sont sensuelles sans être délicates, parfois presque agressives. Les vêtements donnent l’impression d’avoir été conçus pour protéger le corps autant que pour le mettre en valeur.

Chez Keane, rien n’est vraiment « joli » au sens classique du terme. Et c’est précisément ce qui fonctionne.

La créatrice puise également dans une réflexion très personnelle autour du corps, de la sexualité, de la fragilité et de la transformation. Son univers artistique est notamment nourri par des références philosophiques et psychologiques, avec Georges Bataille et Carl Jung parmi ses influences revendiquées.

Pour son premier passage sur le calendrier officiel de LFW, Keane confirme donc exactement ce que Londres sait faire de mieux : donner une plateforme à des créateurs qui ne cherchent pas forcément à reproduire les codes établis.

La Fashion Week de Londres accueille cette saison plusieurs nouveaux noms soutenus par NEWGEN, mais Liza Keane possède déjà une identité suffisamment forte pour ne ressembler à personne d’autre.

Et après avoir vu la collection en vrai, une chose est certaine : les photos ne racontent pas tout.

Il fallait être là, au milieu de cette atmosphère presque irréelle, pour comprendre l’effet de ces silhouettes.

Liza Keane ne nous a pas simplement présenté le futur de la mode.

Elle nous a montré à quoi pourrait ressembler le monde après.

Enjoy,
Xoxo

Laisser un commentaire