Prada fait de la jupe la star absolue du printemps

Pour ouvrir la Fashion Week de Milan, Prada avait décidé de ne pas faire compliqué. Enfin… en apparence. Pour son printemps-été 2027, Miuccia Prada et Raf Simons ont construit l’intégralité du défilé autour d’un seul vêtement : la jupe. Pas une tendance parmi d’autres, pas un détail de collection, mais véritablement le point de départ de chaque silhouette. Les 63 looks présentés à Milan étaient ainsi articulés autour d’elle.

Et évidemment, chez Prada, réduire une collection à une seule pièce ne signifie absolument pas manquer d’idées.

La jupe devient ici un terrain d’expérimentation presque infini. Mini, midi, plissée, droite, portefeuille, transparente, en cuir ou recouverte de broderies : chacune raconte quelque chose de différent. Certaines restent étonnamment simples, tandis que d’autres sont chargées de cristaux, de rubans, de nœuds ou de sequins.

L’idée n’est d’ailleurs pas nouvelle pour Miuccia Prada. Il y a vingt ans, la créatrice expliquait déjà considérer la jupe comme l’équivalent d’un T-shirt : une pièce extrêmement quotidienne, mais suffisamment versatile pour devenir complètement différente selon la manière dont on la porte. Cette réflexion avait également donné naissance à l’exposition « Waist Down », consacrée aux jupes Prada et présentée dans plusieurs villes au début des années 2000.

Pour SS27, cette philosophie revient avec une approche beaucoup plus débridée.

Certaines jupes sont maintenues par d’immenses bandes de Velcro, elles-mêmes recouvertes de cristaux. D’autres sont bordées de rubans et de nœuds ou enfermées dans des couches de crinoline. Quelques modèles ressemblent presque à des tableaux abstraits, avec des coups de pinceau et des mélanges de couleurs directement intégrés aux motifs.

Et puis Prada joue avec les matières.

Le cuir n’est parfois même pas du cuir : certaines pièces sont réalisées dans du coton enduit. Des matières techniques et du latex apparaissent également, laissant parfois entrevoir les sous-vêtements. Sous certaines jupes en nylon brillant, on découvre des imprimés floraux ou des carreaux beaucoup plus naïfs, créant un contraste entre sophistication et une forme de spontanéité presque enfantine.

Le reste du vestiaire sert surtout à mettre cette pièce centrale en valeur. Les jupes sont associées à des pulls, des chemises, des micro-bralettes ou même des soutiens-gorge qui prennent exceptionnellement la place d’un véritable top. Une silhouette qui paraît très 2026, mais qui fait aussi écho à une collection Miu Miu de 1995 construite autour de cette même association bralette + jupe.

Le résultat est donc loin d’être une collection uniforme.

Au contraire, Prada utilise une seule pièce pour faire cohabiter plusieurs personnalités : minimalisme, féminité, excentricité, sensualité et même une certaine idée du « ugly chic » qui fait partie de l’histoire de la maison. La jupe devient moins un vêtement qu’un espace où l’on peut superposer différentes identités.

Et c’est probablement là que Miuccia Prada et Raf Simons ont visé juste : plutôt que d’inventer une nouvelle silhouette spectaculaire à chaque saison, ils prennent une pièce que tout le monde connaît déjà et demandent simplement jusqu’où elle peut aller.

Résultat : 63 looks, zéro pantalon, zéro robe et une obsession très Prada.

Pour le printemps prochain, il semblerait donc que la vraie question ne soit plus « quelle jupe porter ? ».

Mais plutôt : jusqu’où peut-on emmener la jupe ?

Enjoy,
Xoxo

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