Le dernier show de Glenn Martens chez Diesel était complètement fou

Il fallait bien que Glenn Martens termine son histoire chez Diesel comme il l’avait commencée : sans aucune envie de faire dans la discrétion.

Le 22 septembre, à Milan, le créateur belge présentait sa toute dernière collection pour la maison après six années passées à en redéfinir les codes. Et plutôt que de signer un départ nostalgique, Martens a organisé une dernière fête. Une vraie. Lumières rouges, club improvisé, corps qui dansent, denim déconstruit, peau nue et une bande-son qui n’avait clairement rien d’innocent.

Pour ce dernier chapitre, Diesel avait recréé l’atmosphère d’une boîte de nuit. Environ 200 performers du collectif artistique marseillais (LA)HORDE se mêlaient au public pendant le show, transformant progressivement le défilé en véritable performance. Sur une reprise de « Love to Love You Baby » de Donna Summer, certains danseurs s’embrassaient, se rapprochaient et provoquaient directement les spectateurs. À mesure que le show avançait, l’ambiance passait de la sensualité au headbanging collectif.

Mais derrière le spectacle, Martens avait surtout construit une collection qui résume assez parfaitement son passage chez Diesel.

Le denim est évidemment partout. Mais pas question de le laisser tranquille. Il est lavé jusqu’à devenir presque méconnaissable, découpé, superposé, rallongé ou mélangé à du cuir et du knitwear. Certains pulls semblent littéralement se désintégrer pour devenir des vêtements en jean. D’autres pièces jouent avec le trompe-l’œil pour donner l’impression de shearling ou de cuir luxueux alors qu’il ne s’agit pas réellement de ces matières.

Et plus le défilé avance, moins les vêtements semblent vouloir rester en place.

Les tee-shirts découpés au laser donnent l’impression de tomber en morceaux, les vestes s’ouvrent sur la peau et les shorts raccourcissent progressivement jusqu’à devenir presque inexistants. Certaines silhouettes ressemblent même à des vêtements attrapés au petit matin après une nuit beaucoup trop longue, avec du rouge à lèvres volontairement brouillé et des pièces qui semblent avoir perdu leur forme originale.

C’est précisément cette idée de l’après-fête qui traverse la collection.

Au début, on retrouve encore les codes d’une garde-robe assez classique : vestes, chemises rayées, tailoring, denim et cuir. Puis tout se dérègle. Les vêtements se déforment, les matières se mélangent, les silhouettes se dénudent et les couleurs deviennent beaucoup plus électriques. Vert acide, jaune fluorescent, rose et rouge apparaissent comme si la nuit venait soudainement de passer en mode rave.

Et forcément, cela donne lieu à quelques looks particulièrement mémorables.

La collection joue constamment entre ce qui pourrait être porté dans la vie quotidienne et ce qui semble appartenir uniquement à la nuit. Un costume peut être porté sur une peau presque nue, un jean devient une succession de bandes de tissu autour des jambes, tandis qu’une robe moulante semble progressivement se défaire.

Cette opposition entre vêtements « normaux » et silhouettes complètement déchaînées est finalement assez représentative de la vision que Martens a développée chez Diesel. Depuis son arrivée en 2020, il a transformé le denim en laboratoire créatif et fait de la présentation des collections un véritable spectacle. Son mandat s’est notamment distingué par de grands événements publics, des shows expérimentaux et une communication volontairement irrévérencieuse.

Mais cette fois, la fête avait une date de fin.

Après six ans chez Diesel, Martens quitte la maison tout en restant au sein du groupe OTB comme directeur artistique de Maison Margiela. Aucun successeur n’a encore été annoncé pour Diesel.

Et pour son dernier passage, il n’aurait probablement pas pu trouver meilleure conclusion.

Pas de grande rétrospective. Pas de collection qui regarde en arrière.

Juste une énorme fête, des vêtements qui se décomposent, des corps qui dansent et une dernière nuit complètement Diesel.

Après tout, Glenn Martens l’avait compris depuis longtemps : chez Diesel, la fête passe toujours avant tout.

Enjoy,
Xoxo

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